Ce sont les stéréotypes de genre, et non la biologie, qui sont à l'origine de la discrimination dont sont victimes les femmes en matière de choix reproductifs.
- Publié le
- 2 juil. 2026
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- MenEngage Alliance
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- Déclaration
L’Alliance MenEngage a coparrainé une déclaration orale prononcée lors de la 62e session du Conseil des droits de l’homme à Genève, et a apporté son éclairage sur la manière dont les masculinités patriarcales constituent une cause profonde majeure de la discrimination à l’égard des femmes et des filles. Cette déclaration a été prononcée lors du dialogue interactif avec la Rapporteuse spéciale sur la violence à l’égard des femmes et des filles. Elle a été présentée par le Center for Reproductive Rights, en collaboration avec CHOICE for Youth and Sexuality, Global Action for Trans* Equality Inc., Global Alliance Against Traffic in Women, Global Justice Center, la Fédération internationale des Ligues des droits de l’homme, ILGA World, Just Future Collaboratives, Alliance MenEngage et la Woodhull Freedom Foundation. La déclaration est publiée ci-dessous et via la bibliothèque numérique des Nations Unies ici.
« Définir les femmes exclusivement par leur rôle de « mères » les prive de leurs identités pleines et diverses ainsi que de leur humanité, les réduit à leur rôle reproductif et renforce les stéréotypes de genre patriarcaux qui alimentent la violence et la discrimination à l’égard des femmes et des filles. Cela renforce également ces stéréotypes en se concentrant uniquement sur l’expérience de la « maternité » des femmes, à l’exclusion de leurs autres identités, caractéristiques et rôles variés au sein de la société.
Ce sont les stéréotypes de genre, et non la capacité reproductive biologique, qui alimentent la discrimination à l’encontre de tout choix reproductif qu’une femme fait quant à la décision d’avoir ou non des enfants, au moment et à la manière de les mettre au monde. Les femmes sont confrontées à des stéréotypes discriminatoires pour pratiquement chaque décision qu’elles prennent en matière de reproduction : qu’elles choisissent d’avoir des enfants ou de né pas en avoir ; qu’elles le fassent trop tôt ou trop tard ; qu’elles travaillent trop peu ou trop pendant leur grossesse ou leur rôle parental. Des formes similaires de stigmatisation et de discrimination peuvent également toucher les hommes trans et les autres personnes de genre divers qui vivent une grossesse, un accouchement ou le rôle parental.
Plutôt que de se contenter de « valoriser davantage les mères » tout en leur imposant une charge disproportionnée de tâches de soins non rémunérées et sous-évaluées — une proposition qui renforce le stéréotype néfaste selon lequel il s’agit d’un « travail de femme » —, les politiques publiques devraient viser à répartir et à valoriser plus équitablement le travail de soins et d’accompagnement, notamment grâce à des services de garde d’enfants abordables, à des politiques équitables en matière de congés parentaux, à l’implication des hommes et des garçons afin qu’ils assument leur juste part des tâches domestiques et de soins non rémunérées, et à la lutte contre les causes profondes des stéréotypes de genre, y compris ceux liés aux masculinités patriarcales qui continuent d’entretenir ces croyances discriminatoires[GU1]
Si nous voulons véritablement soutenir les mères, nous devons soutenir les femmes et les filles, ainsi que les hommes trans et les personnes de genres divers qui vivent la grossesse et l’accouchement dans la plénitude de leur humanité. Cela nécessite des politiques de soutien social, des lois et des mesures qui respectent l’autonomie corporelle, valorisent et répartissent équitablement les tâches de soins et d’aide, et combattent activement les discours discriminatoires selon lesquels la valeur des femmes serait liée à leurs rôles reproductifs.